Un nouveau désaccord juridique apparaît dans le dossier du meurtre de Thomas Perotto. Dans son réquisitoire définitif rendu ce lundi 17 août, le parquet de Valence demande que la circonstance aggravante de racisme ne soit pas retenue contre les 14 personnes mises en examen.
Les juges d’instruction avaient pourtant pris la décision inverse le 23 juillet. Ils estimaient alors que la mort de l’adolescent avait pu être provoquée en raison de son appartenance à "la race blanche et à la nation française".
Pour le parquet, les témoignages faisant état de propos racistes ne suffisent pas à étayer cette qualification. Ils seraient minoritaires, parfois imprécis ou contradictoires, et aucun témoin ne serait en mesure d’attribuer précisément ces paroles à l’un des mis en cause.
Une autre circonstance aggravante demandée
Le ministère public souhaite en revanche retenir la concomitance entre plusieurs faits criminels. Après la mort de Thomas, deux autres participants au bal avaient également été victimes de tentatives de meurtre.
Cette qualification alourdirait les charges pesant sur les 14 mis en examen, sans modifier la peine maximale encourue puisqu’ils risquent déjà la réclusion criminelle à perpétuité.
La décision finale reviendra désormais aux juges d’instruction, qui devront déterminer sous quelles qualifications les suspects seront éventuellement renvoyés devant une cour d’assises.
Les avocats de plusieurs associations de victimes contestent déjà la position du parquet et veulent demander le maintien des deux circonstances aggravantes, racisme et concomitance.
Pour rappel, dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, une violente rixe avait éclaté à la sortie du bal de Crépol entre des jeunes du village et un groupe venu notamment de Romans-sur-Isère. Plusieurs personnes avaient été poignardées. Thomas Perotto, 16 ans, était décédé pendant son transfert à l’hôpital.
Quatorze jeunes hommes ont depuis été mis en examen pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée. Aucun n’a reconnu avoir porté le coup mortel.