Le passé professionnel de Bally Bagayoko à la RATP se retrouve désormais sur le terrain judiciaire.
AC!! Anti-Corruption a annoncé ce vendredi 7 août avoir adressé une plainte contre X au Parquet national financier. L’association évoque notamment de possibles faits de détournement de fonds publics, emploi fictif, prise illégale d’intérêts, favoritisme ou encore cumul irrégulier d’activités publiques.
Cette démarche intervient après la publication d’une enquête du Canard enchaîné consacrée au maire de Saint-Denis, élu au printemps dernier.
Selon l’hebdomadaire satirique, Bally Bagayoko aurait été recruté à la RATP en 2000 sans concours ni entretien, avant d’y occuper un poste de cadre tout en exerçant plusieurs responsabilités politiques locales. Il a notamment été adjoint au maire de Saint-Denis et vice-président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
L’association anticorruption souhaite désormais savoir dans quelles conditions ce cumul a été autorisé et, surtout, vérifier la présence effective de l’élu à son poste pendant les périodes où il exerçait ses mandats.
Elle rappelle qu’un cumul de deux activités publiques à temps plein est normalement interdit en l’absence d’autorisation spécifique.
Si une rémunération avait été versée pour un travail qui n’aurait pas été réellement effectué à plein temps, AC!! Anti-Corruption estime que la question d’une utilisation indue de fonds publics pourrait se poser. À ce stade, aucune infraction n’est toutefois établie.
Une hausse d’indemnités également pointée du doigt
Le Canard enchaîné s’est également intéressé aux revenus de Bally Bagayoko après la perte de son mandat départemental en 2015.
Selon nos confrères, ses indemnités d’adjoint au maire auraient alors augmenté de 102%. Elles venaient s’ajouter à sa rémunération de cadre à la RATP, qui aurait ensuite dépassé 6 000 euros mensuels en intégrant notamment primes et treizième mois, montant confirmé par l’intéressé à l’hebdomadaire.
Contacté par l’AFP après l’annonce de la plainte, Bally Bagayoko n’a pas souhaité réagir.
L’ancien juge Éric Halphen, président d’honneur d’AC!! Anti-Corruption, estime pour sa part que ces éléments doivent être portés à la connaissance du PNF afin que celui-ci décide de l’éventuelle ouverture d’une enquête.