Les liens supposés entre Charles Alloncle et Lagardère News ne donneront pas lieu à des poursuites pénales. Le parquet national financier a classé sans suite la plainte déposée au printemps contre le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.
Deux infractions étaient évoquées : la prise illégale d’intérêts et le trafic d’influence. Le PNF a cependant considéré que la première qualification ne pouvait pas s’appliquer au fonctionnement d’une commission parlementaire.
Concernant le trafic d’influence, les magistrats n’ont trouvé aucun élément suffisamment solide permettant d’établir que le député aurait reçu un avantage en échange de son intervention. Ses prises de position peuvent, selon le parquet, relever d’un engagement politique sans constituer une infraction.
Des questions préparées par Lagardère News
L’affaire avait débuté après la révélation de listes de questions envoyées par Lagardère News à plusieurs députés participant aux auditions sur l’audiovisuel public.
Charles Alloncle, élu UDR allié au Rassemblement national, figurait parmi les destinataires. Il avait reconnu avoir reçu ces documents, tout en assurant ne jamais s’en être servi.
Le député avait également affirmé n’avoir jamais rencontré Constance Benqué, présidente de Lagardère News, et avoir conservé une totale indépendance pendant les six mois de travaux.
La plainte contre X avait été transmise début mai par Jérôme Karsenti, avocat de l’association AC!! Anti-Corruption.
Selon lui, l’attitude du rapporteur et ses critiques répétées contre l’audiovisuel public correspondaient aux orientations défendues dans les documents adressés par Lagardère News. L’association estimait que les débats avaient ainsi pu être influencés au profit du groupe.
Le parquet national financier a finalement jugé que ces similitudes ne suffisaient pas à caractériser une entente ou une contrepartie illégale.