Les jouets ont-ils encore une place face aux tablettes, smartphones et écrans omniprésents ? Avec Toy Story 5, sorti ce mercredi 17 juin au cinéma, Pixar s’empare frontalement d’un sujet devenu central dans de nombreuses familles : la place grandissante de la technologie dans l’enfance.
Après avoir abordé le thème de manière plus discrète dans le précédent volet, le studio américain place cette fois les écrans au cœur du récit.
Dans ce cinquième épisode, Bonnie, désormais au centre de l’histoire, reste une petite fille créative mais isolée, qui peine à se faire des amis.
Depuis le départ de Woody, Jessie est devenue la figure centrale de la chambre, épaulée par Buzz l’Éclair et les autres jouets. Leur mission : aider Bonnie à retrouver confiance.
Mais tout bascule avec l’arrivée de Lilypad, un écran interactif permettant à l’enfant de jouer et d’échanger avec ses camarades. Peu à peu, Bonnie se détourne de ses jouets traditionnels, tandis que son imagination semble s’éteindre.
Pixar questionne notre dépendance aux écrans
Pour Pete Docter, directeur créatif des studios Pixar, ce thème résonne avec les interrogations actuelles de nombreux parents.
Auprès de l’AFP, il estime qu’il existe aujourd’hui une pression poussant les familles à initier très tôt les enfants aux nouvelles technologies, quitte à s’interroger sur leurs effets.
Le cinéaste évoque aussi la capacité humaine à imaginer comme un "super-pouvoir" que les écrans risqueraient parfois d’étouffer.
Pour tenter de ramener Bonnie vers le jeu, Jessie et son fidèle cheval Pile-Poile partent à l’aventure et croisent de nouveaux personnages, parmi lesquels Snappy, un ancien appareil photo numérique pour enfant, ou encore Rouleau Pote, un jouet éducatif destiné à apprendre la propreté.
L’occasion pour Pixar de glisser un autre message : celui de l’obsolescence rapide des objets technologiques, vite remisés au placard.
Comme les précédents volets, Toy Story 5 parle autant aux enfants qu’aux parents. Derrière les aventures des jouets, le film continue d’explorer les thèmes du temps qui passe, de l’enfance qui s’éloigne et des séparations.
Un fil rouge historique de la saga, qui accompagne désormais une génération entière de spectateurs devenue adulte.