Après deux semaines de procès, la justice a tranché. Vendredi soir, la cour d’assises spécialement composée de l’Oise a reconnu Delphine Pinto coupable d’avoir commandité l’assassinat de son ancien compagnon, Jean-Christophe Piel, abattu en août 2021 devant son domicile de Breuil-le-Vert.
L’ex-épouse de la victime, âgée de 47 ans, a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle. La cour n’a toutefois pas assorti cette peine d’une période de sûreté.
À ses côtés comparaissait notamment Yassine Zekri, présenté comme l’auteur du tir mortel. Reconnu coupable d’avoir exécuté le quadragénaire d’une balle dans la nuque, il a écopé lui aussi de 30 ans de prison, avec une période de sûreté fixée aux deux tiers de la peine.
Trois autres hommes étaient poursuivis dans cette affaire. L’un d’eux, décrit comme un proche de Delphine Pinto et ancien amant, a été condamné à 16 ans de réclusion pour avoir facilité l’organisation du crime. Un autre accusé, soupçonné d’avoir fourni l’arme utilisée, a été condamné à dix ans d’emprisonnement.
En revanche, le fils de Delphine Pinto, poursuivi pour association de malfaiteurs après avoir été mis dans la confidence du projet criminel selon l’accusation, a été acquitté.
Un meurtre sur fond de séparation conflictuelle
Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute de 41 ans, avait été grièvement blessé par balle alors qu’il entretenait ses rosiers devant son habitation. Il succombera à ses blessures le lendemain.
Rapidement, les enquêteurs avaient orienté leurs soupçons vers son ex-femme, dont la séparation avec la victime, engagée depuis plusieurs années, s’accompagnait d’importantes tensions financières et familiales.
Lors du procès, l’accusation a soutenu que Delphine Pinto aurait voulu faire disparaître son ex-conjoint afin de mettre fin à ses difficultés financières, tout en bénéficiant d’un héritage et d’une assurance-vie. L’avocat général avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, dénonçant une "volonté ancienne de tuer" et l’absence de remords de l’accusée.
Des avocats de la défense ont déjà laissé entendre qu’un appel du verdict pourrait être envisagé.
En complément de sa condamnation, Delphine Pinto s’est vu retirer son autorité parentale sur les deux filles issues de son union avec la victime.