À l’approche de l’été, de nombreux Français pourraient renoncer à faire leurs valises. D’après une enquête réalisée par Ipsos pour le Secours populaire et publiée vendredi 12 juin, plus d’un quart des adultes interrogés ne prévoient aucun séjour d’au moins quatre nuits hors de leur domicile durant la période estivale.
À l’inverse, une majorité des personnes sondées affirme avoir l’intention de partir : 61 % évoquent un départ probable ou certain, tandis que 12 % restent encore indécises.
Pour celles et ceux qui resteront chez eux, la question financière domine largement. Parmi les personnes renonçant aux vacances, 61 % invoquent un manque de moyens économiques, loin devant les motifs liés à la santé, à la vie familiale ou aux contraintes professionnelles.
Le constat inquiète le Secours populaire, qui profite du 90e anniversaire des congés payés instaurés en 1936 pour rappeler que l’accès aux vacances demeure profondément inégalitaire. L’association estime que ce droit reste encore inaccessible à des millions de personnes.
Des vacances jugées essentielles
Malgré ces renoncements, les vacances continuent d’être perçues comme importantes, voire indispensables, par une très large majorité des Français. Plus de huit personnes sur dix considèrent qu’elles jouent un rôle clé pour le bien-être physique et mental, l’équilibre personnel ou encore la vie de couple.
Les répondants soulignent aussi leur importance pour les enfants, tant pour le repos que pour l’ouverture culturelle ou les souvenirs familiaux.
Le non-départ en vacances reste un phénomène bien installé. Selon le sociologue Bertrand Réau, environ quatre Français sur dix ne partent pas au cours d’une année, une tendance relativement stable depuis plusieurs décennies.
Les inégalités sociales restent marquées : les ménages les plus favorisés voyagent davantage et plus loin. Les familles de cadres partiraient notamment plusieurs fois plus souvent que celles issues des catégories populaires, particulièrement à l’étranger.
L’étude a été menée en ligne entre fin avril et début mai 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 adultes vivant en France.