Le trafic ferroviaire s’annonce très perturbé ce mercredi 10 juin. Pour la première fois depuis fin 2024, les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF — CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD Rail et CFDT Cheminots — lancent un appel commun à la grève.
Un mouvement social qui intervient quelques mois après l’arrivée de Jean Castex à la tête du groupe ferroviaire, et qui pourrait fortement impacter les déplacements partout en France.
Un TGV sur trois supprimé
La SNCF prévoit d’importantes perturbations sur les grandes lignes. En moyenne, seul un TGV sur trois devrait circuler, qu’il s’agisse des trains Inoui, Ouigo ou Lyria.
Du côté des Intercités, environ un train sur deux est annoncé, de jour comme de nuit. Les lignes régionales seront elles aussi touchées, avec un trafic TER annoncé comme "fortement perturbé" selon les secteurs.
En cas de suppression, la compagnie assure que les voyageurs concernés seront contactés et pourront bénéficier d’un remboursement ou d’un report sans frais.
La mobilisation devrait également compliquer les trajets quotidiens en région parisienne. Les RER B, C, D et E fonctionneront au ralenti, avec parfois seulement un train sur trois en circulation.
Les lignes Transilien seront elles aussi affectées : un train sur deux est prévu sur certaines lignes, un sur trois sur d’autres. Les autorités recommandent aux voyageurs de reporter leurs déplacements lorsque cela est possible.
À l’inverse, les réseaux de métro, tramway et bus devraient fonctionner normalement ou presque.
À l’origine de cette mobilisation, les syndicats dénoncent les effets de l’ouverture à la concurrence du rail et la multiplication des restructurations internes.
Ils accusent la SNCF de procéder à des "filialisation" et réorganisations jugées néfastes pour les conditions de travail, évoquant un impact direct sur la santé mentale et physique des agents.
Selon eux, treize salariés se seraient suicidés depuis le début de l’année. Des chiffres que la direction appelle à interpréter avec prudence, affirmant qu’aucun lien direct avec les réorganisations n’a, à ce stade, été établi.
Les syndicats pointent également une hausse des accidents du travail et des arrêts maladie liés aux troubles psychologiques, qu’ils attribuent à la transformation progressive de l’entreprise publique.
Le dossier des salaires en toile de fond
Autre sujet de crispation : la rémunération. Les syndicats estiment que les augmentations consenties pour 2026 restent insuffisantes face à l’inflation persistante.
Ils réclament un meilleur partage des bénéfices, alors que la SNCF a affiché un résultat net positif de 1,8 milliard d’euros en 2025.
La direction assure de son côté vouloir associer les salariés aux performances du groupe via des primes d’intéressement et de partage de la valeur, estimées à environ 1 750 euros par agent en moyenne pour 2026.
Une table ronde avec les syndicats est prévue le 23 juin. Les représentants du personnel regrettent toutefois que ces discussions n’aient pas été engagées plus tôt, estimant qu’elles auraient pu éviter ce mouvement social.