La France s’oriente vers un tournant démographique majeur. Selon les projections dévoilées ce lundi 8 juin par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la population du pays pourrait atteindre 65,9 millions d’habitants en 2070, soit environ 3,2 millions de moins qu’en 2026.
D’après l’organisme, les décennies à venir seront marquées par un vieillissement important de la population. Les moins de 45 ans verraient leurs effectifs diminuer de près de 9 millions de personnes, tandis que les plus de 65 ans augmenteraient de 5,8 millions.
À court terme, la population française continuerait toutefois de progresser légèrement. Jusqu’en 2037, cette hausse serait uniquement portée par le solde migratoire, alors que le déficit naturel — l’écart entre les décès et les naissances — continuerait de se dégrader.
Depuis 2025, la France enregistre déjà davantage de décès que de naissances. Un déséquilibre qui devrait d’abord s’accentuer sous l’effet du vieillissement de la population et de la hausse de la mortalité, avant d’être renforcé par une baisse progressive des naissances.
À partir de la fin des années 2030, les flux migratoires ne suffiraient plus à compenser ce déficit démographique. La population commencerait alors à diminuer, à un rythme moyen estimé à 118 000 habitants en moins chaque année.
L’Insee souligne le caractère exceptionnel d’un tel scénario, évoquant une situation inédite en période de paix. L’institut nuance toutefois ses prévisions : si le vieillissement est jugé inévitable, le recul global de la population demeure une hypothèse "probable", dépendante notamment de l’évolution de la natalité et des migrations.
Selon les scénarios retenus, la France pourrait compter entre 61 et 71 millions d’habitants en 2070.