SFR bientôt démantelé ? Bouygues, Free et Orange signent un accord à 20 milliards d’euros

SFR bientôt démantelé ? Bouygues, Free et Orange signent un accord à 20 milliards d’euros

Le feuilleton SFR franchit une étape décisive. Bouygues Telecom, Free (groupe iliad) et Orange ont annoncé ce samedi 6 juin la signature d’un protocole d’accord avec Altice France en vue du rachat de SFR, dans une opération valorisée à plus de 20 milliards d’euros.

C’est une opération qui pourrait profondément remodeler le paysage des télécoms français.

Dans un communiqué commun publié tard ce 6 juin, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange annoncent avoir signé un protocole d’accord avec Altice France pour l’acquisition de SFR, maison mère du deuxième opérateur télécom français. L’opération envisagée est valorisée à 20,35 milliards d’euros, hors ajustements éventuels.

Le projet prévoit un démantèlement partiel des activités de SFR entre les trois opérateurs.

Selon les modalités annoncées, Bouygues Telecom reprendrait notamment SFR Business, 5,9 millions de clients grand public, Prixtel, une partie du réseau mobile SFR hors zones denses ainsi que certains actifs fibre. Free-Groupe iliad récupérerait l’ensemble de RED by SFR, soit 6 millions de clients, ainsi qu’une partie des abonnés SFR et des clients professionnels TPE. Enfin Orange absorberait près de 4,9 millions de clients, incluant certains MVNO comme Réglo, Syma et Coriolis.

Les fréquences mobiles de SFR seraient également réparties entre les trois opérateurs.

Une phase transitoire d’au moins 30 mois

Les actifs non immédiatement intégrés — notamment certains réseaux fixes et mobiles, une partie du système informatique et du réseau de distribution — resteraient regroupés au sein de SFR SA pendant au moins 30 mois, dans une structure détenue à parts égales par le consortium afin d’assurer la continuité de service et la migration des clients.

Le consortium insiste sur l’ampleur industrielle de l’opération, qui implique la migration de millions d’abonnés et la réorganisation progressive des infrastructures.

Sur le plan social, Bouygues, Free et Orange promettent une garantie d’emploi pour les salariés repris jusqu’au début de l’année 2029, via le maintien dans leur poste ou une proposition de reclassement.

Les opérateurs annoncent aussi l’ouverture prochaine d’un dialogue social avec les syndicats représentatifs de SFR.

Un accord encore loin d’être finalisé

Le dossier reste toutefois soumis à plusieurs étapes majeures.

Une phase de consultation des représentants du personnel s’ouvre désormais, tandis que le projet devra aussi obtenir l’aval des autorités de régulation et de concurrence, qui pourraient examiner de près une opération réduisant potentiellement le marché français à trois grands opérateurs.

La signature définitive des documents juridiques est attendue au second semestre 2026, avec une réalisation effective du rachat envisagée au second semestre 2027. Les parties rappellent d’ailleurs qu’"il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée" à ce stade.

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