La Tapisserie de Bayeux prendra bien le chemin de Londres.
Dans une décision rendue ce vendredi 5 juin, le Conseil d’État a rejeté le recours déposé par une association de défense du patrimoine qui contestait la décision du président de la République de prêter l’œuvre au Royaume-Uni pour une exposition au British Museum, prévue de septembre 2026 à juin 2027.
Le prêt avait été annoncé par Emmanuel Macron le 8 juillet 2025, lors d’une visite d’État au Royaume-Uni, au cours d’un dîner officiel au château de Windsor.
Selon le Conseil d’État, cette décision s’inscrivait dans une déclaration commune sur le renforcement des relations franco-britanniques, lui conférant une portée "diplomatique, symbolique et historique".
Une décision jugée inséparable des relations internationales
L’association requérante soutenait que l’état de conservation de la tapisserie ne permettait pas son déplacement, et demandait l’annulation du prêt.
Mais la haute juridiction ne s’est pas prononcée sur le fond du dossier patrimonial.
Le Conseil d’État estime en effet que cette décision présidentielle ne peut être détachée de la conduite des relations internationales de la France. En conséquence, elle relève des "actes de gouvernement", une catégorie de décisions sur lesquelles le juge administratif n’est pas compétent.
Autrement dit, le tribunal administratif ne peut pas examiner la légalité de cette décision.
Chef-d’œuvre du XIe siècle retraçant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la Tapisserie de Bayeux n’a que très rarement quitté son lieu de conservation normand.
Son exposition à Londres est présentée comme un geste diplomatique majeur dans les relations entre Paris et Londres, malgré les débats récurrents autour de sa fragilité et des risques liés à son transport.