Le gouvernement veut redonner de l’air aux services d’urgence.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a présenté ce vendredi 5 juin une nouvelle stratégie nationale destinée à désengorger durablement les urgences, en réduisant de moitié les passages considérés comme évitables.
Chaque année, près de 20 millions de passages sont enregistrés dans les services d’urgence en France. Si leur fréquentation ne progresse plus depuis plusieurs années, le ministère estime que la pression reste trop forte, notamment face au vieillissement des patients et à la complexification des prises en charge.
Le gouvernement part d’un constat : 30 à 40 % des patients accueillis aux urgences pourraient être pris en charge ailleurs.
L’exécutif fixe donc un objectif ambitieux : réduire de moitié les passages évitables, soit près de 4 millions de consultations en moins chaque année, afin de réserver les urgences aux cas les plus graves.
"Nos services d’urgence ne peuvent pas être la réponse à toutes les situations de soins", estime Stéphanie Rist, qui juge la situation actuelle "plus soutenable" ni pour les soignants ni pour les établissements.
Développer les alternatives aux urgences
Première piste : renforcer les solutions de soins en dehors de l’hôpital.
Le gouvernement veut poursuivre le développement du Service d’accès aux soins (SAS), désormais généralisé sur le territoire métropolitain et mobilisant plus de 12 000 professionnels de santé. Ce dispositif vise à permettre aux patients de trouver rapidement une réponse médicale lorsqu’ils ne peuvent pas consulter.
Les centres de soins non programmés doivent également être davantage structurés afin de devenir une véritable alternative aux passages aux urgences pour les soins du quotidien.
Autre axe fort : la réorientation des patients à l’entrée des urgences.
Lorsqu’un cas ne relève pas de la médecine d’urgence, les établissements devront progressivement proposer une prise en charge alternative, notamment en médecine de ville.
Le gouvernement veut aussi élargir la régulation de l’accès aux urgences, déjà testée dans certains territoires. Dès l’automne, une centaine d’hôpitaux identifiés avec les agences régionales de santé mettront en place des dispositifs de régulation afin d’anticiper les tensions hivernales.
Plus de lits et un meilleur parcours après les urgences
Le ministère entend également agir sur ce qu’on appelle "l’aval des urgences", autrement dit la capacité à hospitaliser rapidement les patients nécessitant un suivi.
Parmi les mesures évoquées figurent la généralisation progressive de la gestion des lits hospitaliers, le développement des admissions directes, notamment pour les personnes âgées et le renforcement des capacités en gériatrie, médecine polyvalente et soins de réadaptation.
Un rapport sur ce sujet doit être remis au gouvernement dans les prochaines semaines.
Enfin, le ministère prévoit une campagne de sensibilisation auprès du grand public, autour du slogan : "Les urgences, ce n’est pas une évidence !"
L’objectif est d’inciter les Français à mieux identifier les alternatives existantes avant de se rendre aux urgences et à préserver les capacités des services pour les patients qui en ont réellement besoin.