Il y a les films historiques qui reconstituent une époque. Et puis il y a ceux qui cherchent à comprendre un basculement.
La France s’effondre, signe l’armistice et bascule dans le chaos. Seul contre tous, Charles de Gaulle rejoint Londres avec une conviction presque irrationnelle : la bataille de France n’est ni terminée ni perdue. Sans armée, sans véritable soutien, il tente alors un pari insensé : convaincre le monde — et les Français eux-mêmes — que la liberté peut encore être sauvée. Peu à peu, autour de lui, lycéens révoltés, soldats et résistants de l’ombre rejoignent ce combat qui semblait perdu d’avance.
Pour raconter cette naissance de la France libre, Antonin Baudry choisit un angle inattendu : derrière l’icône nationale, montrer un homme traversé par le doute, la solitude et l’obstination. "Il fallait être un peu spécial, un peu allumé" pour débarquer chez Churchill au lendemain de la capitulation et affirmer que la France continuerait à se battre, explique le cinéaste, fasciné par cette "folie" capable de déplacer le réel.
Le pari tient aussi à son casting. Dans le rôle de Charles de Gaulle, Simon Abkarian impressionne par une incarnation physique et intérieure minutieuse. "De Gaulle, c’était le courage", résume l’acteur, qui dit avoir cherché moins à reproduire une figure historique qu’à imaginer l’homme derrière le mythe.
Autour de lui, le film réunit une distribution dense : Simon Russell Beale en Churchill, Benoît Magimel en Koenig, Mathieu Kassovitz en Darlan, Karim Leklou, Niels Schneider, Anamaria Vartolomei ou encore Florian Lesieur, révélation du film dans le rôle d’un jeune résistant.
Pensé comme le premier volet d’une fresque sur la Seconde Guerre mondiale, La Bataille de Gaulle : L’Âge de Fer assume son ambition spectaculaire, entre scènes de guerre et théâtre diplomatique. Mais son vrai sujet est ailleurs : comment quelques marginaux, convaincus d’avoir raison contre l’évidence, peuvent parfois changer le cours de l’Histoire.