Une grande page politique se tourne dans les Hauts-de-Seine.
Le maire d’Issy-les-Moulineaux, André Santini, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 85 ans, après plusieurs mois marqués par une santé très dégradée.
Sa dernière apparition publique remontait au 28 mars dernier, lors du conseil municipal d’installation qui l’avait reconduit pour un neuvième mandat.
Très affaibli physiquement, André Santini avait tenu à se représenter malgré une longue hospitalisation entamée plusieurs mois auparavant après une chute et des problèmes cardiaques.
Pour la première fois de sa carrière municipale, il avait dû passer par un second tour, sans véritablement faire campagne.
L’homme qui a transformé Issy-les-Moulineaux
Né à Paris le 20 octobre 1940, dans une famille aux origines corses, André Santini grandit à Courbevoie avant de se lancer en politique après des études de droit, de sciences politiques et même de japonais.
Arrivé à Issy-les-Moulineaux en 1977, il devient premier adjoint du maire Raymond Menand. À la mort de ce dernier en 1980, il prend les rênes de la commune.
Durant près d’un demi-siècle, il impose sa marque sur la ville, pilotant une profonde transformation urbaine et économique qui fera d’Issy-les-Moulineaux l’une des communes les plus dynamiques de l’ouest parisien, tournée vers le numérique, les entreprises et l’innovation.
Une personnalité aussi admirée que controversée
Réputé pour ses formules mordantes, ses colères mémorables et son goût affiché pour le cigare, André Santini cultivait une image de maire bâtisseur au tempérament entier.
Souvent décrit comme autoritaire, parfois clivant, il restait pourtant une figure incontournable de la politique francilienne, régulièrement saluée pour sa capacité à anticiper les mutations urbaines.
Très diminué ces dernières années, l’élu s’était accroché jusqu’au bout à son mandat, symbole d’un attachement profond à la ville qu’il avait façonnée pendant près d’un demi-siècle.