Faute de lits, 8 347 matelas étaient installés au sol dans les prisons françaises au 1er septembre, soit 51,8 % de plus qu’un an auparavant. Ce chiffre illustre la pression croissante sur les établissements : selon les statistiques officielles relayées par franceinfo, ils accueillaient 90 020 détenus pour 63 348 places disponibles.
Les maisons d’arrêt, qui hébergent les condamnés à de courtes peines et les personnes en attente de jugement, présumées innocentes, concentrent les difficultés. Leur taux d’occupation atteint 176,1 %, contre 142,1 % pour l’ensemble des prisons. En un an, la population détenue a progressé de 6,8 %, contre seulement 1,2 % pour les capacités d’accueil. Au 1er septembre 2025, 84 311 personnes étaient incarcérées.
Pour augmenter ces capacités, le ministère de la Justice prévoit 3 000 places dans des prisons modulaires, présentées comme moins coûteuses et plus rapides à bâtir. La moitié doit ouvrir dès 2027. Mais le précédent programme prend du retard : moins d’un tiers des 15 000 places annoncées dans le plan national lancé en 2018 ont été livrées.
Les données européennes de 2025 plaçaient déjà la France parmi les pays les plus touchés : avec 131 détenus pour 100 places, elle se trouvait à égalité avec la Turquie, devant notamment la Croatie (123) et l’Italie (121).