Le gouvernement étudie une baisse du prix du paracétamol qui pourrait permettre à la Sécurité sociale d’économiser environ 30 millions d’euros par an.
Selon les informations de France Inter, l’exécutif envisage de réduire de 10 centimes la part revenant aux laboratoires pour chaque boîte vendue.
Actuellement, une boîte de Doliprane, d’Efferalgan ou de Dafalgan est commercialisée 2,18 euros en pharmacie. Sur ce montant, les fabricants perçoivent environ 76 centimes hors taxes.
Si elle est mise en œuvre, cette baisse ne devrait pas avoir de conséquence financière pour les consommateurs, le prix payé en pharmacie étant également revu à la baisse.
En revanche, les industriels du médicament redoutent les effets de cette décision sur la rentabilité de la production française.
Des représentants du secteur doivent prochainement rencontrer le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, afin d’évoquer ce projet.
Les pharmaciens suivent également le dossier avec attention, craignant une diminution de leurs marges sur ce médicament parmi les plus vendus en France.
La relocalisation de la production en question
Cette réflexion intervient alors que la France tente depuis plusieurs années de renforcer son autonomie dans le secteur du médicament.
Après la crise sanitaire du Covid-19, Emmanuel Macron avait fait de la souveraineté pharmaceutique une priorité, dans un contexte où une grande partie des principes actifs utilisés en Europe est produite en Asie.
Dans cette optique, les groupes Opella et Upsa ont engagé un vaste projet de relocalisation de la production du paracétamol avec le soutien de l’entreprise Seqens.
Les premières boîtes issues de cette nouvelle chaîne de production française doivent être commercialisées début 2027.
Depuis 2021, le prix du paracétamol est encadré dans le cadre d’un accord conclu entre l’État et les industriels. En échange de cette stabilité tarifaire, les laboratoires se sont engagés à renforcer leurs capacités de production.
Le gouvernement doit désormais arbitrer entre l’objectif de maîtrise des dépenses de santé et celui de relocalisation de la production de médicaments stratégiques sur le territoire français.