Les entretiens politiques diffusés sur YouTube pourraient faire l’objet de nouvelles règles pour la campagne présidentielle de 2027. L’Arcom a engagé une concertation avec les principaux créateurs de contenu, a annoncé son président, Martin Ajdari, dans un entretien à La Tribune Dimanche publié le 4 octobre.
Les émissions de Hugo Travers, connu sous le nom d’HugoDécrypte, de Guillaume Pley, à la tête de Legend, ou de Sam Zirah illustrent la place prise par ces formats dans le débat public. Leurs audiences attirent les responsables politiques, qui peuvent y développer leurs idées dans de longs échanges.
"Nous réfléchissons à de nouvelles règles pour la campagne de 2027", a expliqué le président du régulateur. Il précise toutefois que l’encadrement envisagé serait différent de celui des médias traditionnels.
Aucune nouvelle règle arrêtée à ce stade
La réflexion porte notamment sur l’honnêteté et l’équité de ces contenus. Les obligations de pluralisme et de temps de parole appliquées à la télévision et à la radio ne s’imposent pas aujourd’hui de la même manière à ces interviews en ligne. Le poids de certaines émissions, dont l’audience peut rivaliser avec celle de chaînes de la TNT, conduit l’Arcom à examiner leur place dans la campagne.
Interrogé par RTL dans un article publié ce mercredi 7 octobre, Sam Zirah confirme avoir été approché. Mais il insiste sur le caractère préliminaire des échanges. "Il n'y a pas de règle. C'est juste des concertations", affirme-t-il. Selon son témoignage, aucun dispositif concernant le temps de parole ne lui a été présenté.
Que faire lorsqu’un invité refuse de venir ?
Le vidéaste soulève une difficulté pratique. Comment assurer un équilibre entre les sensibilités politiques lorsque certains responsables déclinent les invitations ou choisissent les émissions auxquelles ils participent ?
Il demande également des précisions sur les plateformes concernées et sur l’application d’éventuelles obligations à une chaîne dont la programmation mêle politique, divertissement et entretiens people.
Sam Zirah se dit prêt à respecter les mesures qui seraient adoptées, tout en souhaitant préserver les interviews longues et indépendantes. Le contenu du futur cadre reste donc à définir. À ce stade, la concertation ne signifie pas que les émissions devront accorder une durée identique à chaque invité politique.