Face à l’augmentation des violences dans les transports en commun, le gouvernement mise sur de nouveaux outils de sécurité.
En déplacement ce jeudi au Centre de coordination opérationnelle de sécurité (CCOS) à Paris, Philippe Tabarot, ministre des Transports, a annoncé le lancement d’une expérimentation nationale permettant aux conducteurs de bus et d’autocars d’être équipés de caméras individuelles.
Le décret autorisant ce dispositif doit être publié ce vendredi au Journal officiel.
Le ministère rappelle que 4 181 agressions contre des agents des transports ont été enregistrées en 2024, soit une hausse de 25 % en un an.
Une situation qui, selon le gouvernement, pèse à la fois sur les conditions de travail des personnels et sur l’attractivité des métiers du transport public.
Des caméras activées en cas de danger
Prévue jusqu’en juin 2028, l’expérimentation permettra aux conducteurs de déclencher un enregistrement vidéo et sonore lorsqu’ils estimeront leur sécurité, ou celle des voyageurs, menacée. Avant toute activation, les personnes concernées devront être informées oralement.
Les images enregistrées seront transférées sur un serveur sécurisé au retour du conducteur. En cas de danger imminent, elles pourront également être transmises en temps réel aux centres de supervision.
Le gouvernement espère que ces caméras joueront un rôle dissuasif face aux comportements agressifs.
Les enregistrements pourront également être utilisés dans le cadre d’enquêtes judiciaires afin d’identifier les auteurs d’infractions commises à bord des véhicules.
Pour Philippe Tabarot, cette expérimentation répond à une préoccupation de longue date du secteur.
"Le drame qui a coûté la vie à un chauffeur de bus à Bayonne, en juillet 2020, a profondément marqué notre pays. Avec l’expérimentation des caméras individuelles pour les conducteurs de bus et d’autocars, nous apportons une réponse concrète pour mieux protéger les personnels des transports face aux violences auxquelles ils peuvent être confrontés", a déclaré le ministre des Transports.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la loi du 28 avril 2025 sur la sûreté dans les transports, qui a notamment étendu l’usage des caméras-piétons à plus de 11 000 agents de contrôle de la SNCF, de la RATP et des réseaux de transport publics.