Face à la montée des trafics de stupéfiants dans les Caraïbes et en Amérique du Sud, l’État entend passer à la vitesse supérieure.
Présenté comme une déclinaison territoriale du plan national de lutte contre le narcotrafic annoncé par le président de la République le 2 juillet, le plan Antilles-Guyane vise à répondre à l’implantation croissante des réseaux criminels dans les territoires ultramarins français.
Le gouvernement souligne que la proximité géographique de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy avec les principales zones de production de cocaïne a favorisé leur intégration dans les routes internationales du trafic de drogue.
Le plan repose sur cinq priorités.
La première consiste à renforcer la coopération avec les États de la Caraïbe et d’Amérique latine. Quinze accords de coopération ont déjà été signés depuis 2025 et une vingtaine d’autres sont en préparation. Une académie régionale de lutte contre la criminalité organisée doit également voir le jour.
Deuxième axe : la sécurisation des points d’entrée sur le territoire. Les contrôles seront renforcés dans les ports, les aéroports et sur les frontières maritimes et terrestres. Des scanners millimétriques destinés à détecter les passeurs de drogue seront déployés et les contrôles douaniers sur les conteneurs à destination de l’Hexagone seront doublés.
De nouveaux moyens pour les forces de l’ordre
Le gouvernement prévoit également plusieurs investissements destinés à renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité.
Parmi les mesures annoncées figurent la création de nouvelles brigades nautiques à Saint-Pierre en Martinique, à Gourbeyre et à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, ainsi que le déploiement d’un drone de moyenne endurance pour la surveillance maritime en Guadeloupe.
L’Office antistupéfiants verra aussi ses effectifs renforcés aux Antilles, tandis que des groupes spécialisés dans la lutte contre les armes à feu et les vols à main armée seront créés au sein de la police et de la gendarmerie.
Le troisième volet du plan concerne directement les populations locales.
L’État prévoit notamment un renforcement de la présence policière de proximité, la création de nouveaux programmes de prévention des addictions à destination des jeunes, un soutien accru aux jeunes relevant de l’aide sociale à l’enfance ainsi qu’un renforcement de l’accès aux soins psychiatriques.
Une enveloppe exceptionnelle de 1,5 million d’euros sera par ailleurs consacrée à la vidéoprotection dans les territoires antillais dès 2026, dont un million financé par le ministère des Outre-mer.
Le gouvernement entend également frapper les organisations criminelles sur leurs capacités logistiques et financières. Un laboratoire balistique sera créé pour la police nationale, tandis que la gendarmerie sera dotée de nouveaux équipements d’analyse des munitions.
Enfin, un programme de prévention des risques de corruption sera progressivement proposé aux personnels exposés, notamment dans les forces de sécurité, l’administration pénitentiaire, les douanes ainsi que les infrastructures portuaires et aéroportuaires.
Selon le gouvernement, plusieurs mesures complémentaires pourraient être déployées à partir de 2027, sous réserve de l’adoption des prochains budgets de l’État.