Le Sénat veut provoquer un "réveil des consciences" face à la progression des discours masculinistes en France.
Dans un rapport remis ce mercredi 24 juin et révélé par RMC, la délégation aux droits des femmes met en garde contre l’essor de ces mouvances qui diffusent des contenus misogynes sur internet et les réseaux sociaux. Après sept mois de travaux, les rapporteures estiment que ce phénomène constitue désormais "un risque réel pour la démocratie et la cohésion sociale".
Les sénatrices alertent notamment sur des processus de radicalisation pouvant toucher des garçons dès l’adolescence. Selon elles, certains espaces numériques favorisent la diffusion de discours de haine envers les femmes, pouvant dans certains cas conduire à des appels à la violence.
Face à cette situation, le rapport recommande de renforcer les dispositifs de détection et de prévention, en s’inspirant notamment des mécanismes mis en place contre la radicalisation djihadiste. Les auteurs préconisent la formation de personnes référentes dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la justice et la santé, afin d’identifier plus rapidement les situations préoccupantes.
Parmi les autres mesures proposées figurent la création d’une amende forfaitaire délictuelle pour les outrages sexistes commis en ligne, ainsi qu’une pression accrue sur les plateformes numériques afin qu’elles démonétisent les contenus jugés les plus problématiques.
Le rapport suggère également la mise en place d’une plateforme d’écoute destinée à recueillir les signalements de profils considérés comme dangereux, mais aussi à accompagner les parents confrontés à l’adhésion de leur enfant à des discours masculinistes.
Pour les rapporteures, l’enjeu est désormais de mieux comprendre et anticiper un phénomène qu’elles considèrent comme une menace croissante pour la cohésion sociale.