Face à la multiplication des épisodes caniculaires, le gouvernement veut faciliter la transformation des logements pour les rendre plus supportables en été. Lors d’un point presse organisé mercredi 17 juin, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté un ensemble de mesures destinées à lutter contre ce qu’il qualifie de "bouilloires thermiques".
Selon lui, plus d’un logement sur trois en France est aujourd’hui particulièrement vulnérable aux fortes chaleurs. "La canicule n’est plus seulement une question climatique, c’est désormais une question de justice sociale", a-t-il affirmé.
Parmi les principales annonces figure un assouplissement des règles de vote dans les copropriétés. Un amendement au futur projet de loi sur le logement permettra de faire adopter à la majorité simple certains travaux de rénovation ou d’adaptation au réchauffement climatique.
Les copropriétés pourront également recourir plus facilement à des prêts collectifs pour financer des équipements comme les volets, stores extérieurs ou brasseurs d’air.
Coup de pouce pour les pompes à chaleur
Le gouvernement prévoit aussi une baisse de la TVA sur les pompes à chaleur air-air. Le taux passera à 5,5 %, contre 20 % actuellement sur l’installation et 10 % sur l’équipement.
Le confort d’été devra par ailleurs être intégré de manière systématique dans les futurs projets de rénovation urbaine menés dans les quartiers prioritaires.
Vincent Jeanbrun a également plaidé pour un développement accru de la nature en ville afin de limiter les îlots de chaleur urbains.
Le gouvernement souhaite parallèlement accélérer le recours à la géothermie et aux réseaux de froid. L’objectif affiché est de doubler leur capacité d’ici 2030 et de la tripler à l’horizon 2040.
Dans le parc social, un recensement des bâtiments les plus exposés sera engagé. Les bailleurs devront désormais intégrer la question du confort thermique estival dans les rénovations financées par la Caisse des dépôts.
Pour les logements neufs, les critères réglementaires seront également revus afin de tenir compte des projections climatiques actuelles. Un décret est annoncé avant le 1er janvier 2027.
Ces annonces s’inscrivent dans le cadre du Plan national d’adaptation au changement climatique, qui vise à préparer la France à un réchauffement pouvant atteindre +4°C d’ici la fin du siècle.